
L’Université de Kara accueille, depuis ce mercredi 28 octobre 2026, un colloque scientifique consacré aux savoirs endogènes. La rencontre se tient au campus Sud pendant trois jours. Elle est organisée par le Laboratoire d’Etudes et de Recherche sur les Pratiques Endogènes pour le Développement Durable en Afrique (LERPEDDA).
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Placé sous le thème « Endogénéité et développement durable en Afrique : savoirs, pratiques et perspectives », le colloque a été lancé par le préfet de la Kozah, le colonel Bonfoh Faré. La cérémonie s’est déroulée en présence de la présidente de l’université, la professeure Prénam Houzou-Mouzou. Des chercheurs de seize nationalités sont présents, en présentiel ou en ligne.
Entre tradition et modernité, un dialogue à construire
Dans son discours d’ouverture, la professeure Prénam Houzou-Mouzou a posé la question centrale : l’Afrique peut-elle bâtir un développement durable sans mobiliser les savoirs, les pratiques et le génie créateur de ses peuples ? Elle a précisé qu’il ne s’agit ni d’opposer savoirs endogènes et connaissances scientifiques universelles, ni de prôner un repli identitaire. Elle appelle à un dialogue fécond entre tradition et modernité.

Selon elle, les connaissances locales doivent être documentées, soumises à l’évaluation scientifique et valorisées dans le respect des communautés qui les détiennent. Elle a relié cette ambition au plan stratégique 2026-2030 de l’université. Celui-ci encourage la recherche-action, l’interdisciplinarité et l’engagement communautaire. Elle a aussi rappelé que le colloque se tient en octobre, mois du consommateur local. « Consommer local suppose produire local », a-t-elle souligné.
Le président du comité d’organisation, Tata Padabo Kèlèm, a rappelé que l’Université de Kara a été créée il y a 22 ans. Le LERPEDDA mène de la recherche-action depuis dix ans. Les travaux porteront sur la médecine traditionnelle, la protection de l’environnement, le rôle de la société civile, le développement urbain, la gouvernance et l’agriculture. Il invite les participants à se demander ce que les anciens faisaient avant le contact avec d’autres peuples, et ce qui mérite d’être conservé.
Le Gabon, un exemple de RSE au service des savoirs locaux
Venu du Gabon, le Dr Puanne Paulin Moussounda, docteur en géostratégie, présentera une communication sur le rôle de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE). Il constate que le développement des territoires africains est largement calqué sur le modèle occidental. Il s’interroge sur l’existence de nouveaux paradigmes.

« Un chiffre 40 000 milliards de dollars sont mobilisés dans le monde au titre de la RSE », a-t-il indiqué. Son étude porte sur une entreprise implantée dans un terroir minier gabonais. Entre 7 et 10 milliards sont prévus pour la RSE, surtout pour des infrastructures.
Le colloque se poursuit jusqu’à vendredi, avec des communications en présentiel et en ligne.
Plaki SIMLIWA









