Nadoba, ( située à 24 km à l’est de Kantè et à 55 km de Kara), a accueilli le lundi 10 août le lancement du rapport d’évaluation des risques climatiques et de stratégies d’adaptation du Koutammakou, le pays des Batammariba. L’ONG « Corps des volontaires béninois » (CVB) a initié l’activité avec le soutien de la Fondation « ALIPH ». Elle s’inscrit dans le projet « Renforcement de la résilience du patrimoine culturel du Koutammakou face aux changements climatiques et aux conflits (Bénin-Togo) ».
L’objectif est d’impliquer tous les acteurs dans la révision des plans de gestion du site. Un mécanisme de suivi des impacts climatiques sur les attributs de ce paysage culturel sera mis en place. Les autorités béninoises et togolaises comptent orienter leurs décisions pour renforcer les capacités locales et mobiliser des ressources garantissant une gestion cohérente et concertée de cet héritage inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.
Les Sikien menacés par les aléas climatiques
Les variations de température et de précipitations frappent le Koutammakou. La dégradation des sols et de la végétation s’y ajoute. La sécheresse et la raréfaction des matériaux traditionnels compliquent la conservation des « Sikien », ces habitations traditionnelles emblématiques construites en terre crue.
Au total, 2 277 sikien recensés du côté béninois et 1 928 au Togo sont menacés par ces aléas climatiques. Ce chiffre donne la mesure de l’urgence pour les communautés qui habitent encore ces constructions ancestrales.
La cérémonie a été présidée par le secrétaire général de la Commission nationale pour le patrimoine culturel (CNPC), Natta N’Poh Labounamah, en présence du directeur du Patrimoine culturel du Bénin, Edah Djimmy Djiffa, et du directeur exécutif de l’ONG CVB, Ibrahim Tchan. M. Labounamah a pris la parole pour situer l’enjeu du jour : « Le processus constitue une étape importante dans le renforcement de la coopération transfrontalière ». Il a poursuivi en indiquant que cette démarche doit faire du Koutammakou un territoire d’expérimentation et d’apprentissage en matière d’adaptation climatique.

Un patrimoine mondial partagé entre le Togo et le Bénin
Les maires des communes de Toucountouna, Boukoumbé et Natitingou, côté béninois, ont pris part à la cérémonie. Le maire de Kéran 3 représentait le Togo. Des partenaires scientifiques, techniques et financiers impliqués dans la gestion du site étaient également présents.
Le paysage du Koutammakou, situé au nord-est du Togo, s’étend jusqu’au Bénin voisin. Il abrite les Batammariba, dont les maisons-tours en terre, appelées Takienta, sont devenues un symbole du Togo. Dans ce paysage, la nature reste fortement associée aux rituels et aux croyances de la société.
Le site couvre 50 000 hectares. Il se distingue par l’architecture des maisons-tours qui reflète la structure sociale, par ses terres agricoles et sa forêt, et par les associations entre les hommes et le paysage. La plupart des bâtiments comptent deux étages. Ceux dotés de greniers présentent une forme presque sphérique au-dessus d’une base cylindrique. Certains toits sont plats, d’autres sont coniques et couverts de chaume. Les habitations sont regroupées en villages, qui comprennent des espaces cérémoniels, des sources, des rochers et des sites réservés aux cérémonies d’initiation.
Plaki SIMLIWA










