Alors que le mois de septembre touche à sa fin, les données sanitaires officielles dressent un bilan préoccupant pour le nord du pays. Selon le Bulletin Climat-Santé n°08 rendu public par l’Agence Nationale de la Météorologie (ANAMET), le ministère de la Santé et leurs partenaires (HISP-WCA, coopération allemande), la région de la Kara a concentré les indicateurs épidémiologiques les plus inquiétants du Togo au cours du mois d’août 2026.
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Entre recrudescence du paludisme, pic national de maladies diarrhéiques et poussée du syndrome grippal, la conjonction des précipitations et des vulnérabilités locales met le système de santé régional à rude épreuve. Ces révélations surviennent à un moment charnière, alors que les pluies actuelles de septembre risquent de prolonger cette dynamique épidémique à l’approche du mois d’octobre.
Le paludisme frappe trois districts de la région
Sur le plan épidémiologique, trois districts de la Kara affichent les densités d’incidence palustre les plus élevées du territoire national : la Binah (47 cas/1 000 habitants), Bassar (37 cas/1 000 habitants) et le Kéran (34 cas/1 000 habitants). Ces chiffres dépassent nettement la moyenne observée dans le reste du pays.

Le Bulletin Climat-Santé établit un lien temporel clair : les pics de cas suivent les pics pluviométriques avec un décalage d’un mois. Dans la Binah précisément, le taux d’attaque le plus élevé de toute la série annuelle (63 cas/1 000 habitants) est survenu en octobre, immédiatement après le premier pic de pluies de septembre confirmant que le cycle vectoriel du paludisme reste rythmé par le calendrier des précipitations.
En ce qui concerne le district de Doufelgou, ce dernier fait partie des foyers nationaux les plus actifs pour le syndrome grippal, avec 283 cas pour 100 000 habitants juste derrière Danyi (320 cas/100 000 habitants dans les Plateaux), sur fond de circulation nationale dominée par la région des Savanes (108 cas/100 000 habitants).
Assoli, foyer national des maladies diarrhéiques
Le district d’Assoli enregistre la densité d’incidence la plus élevée du pays pour les maladies diarrhéiques : 784 cas pour 100 000 habitants, avec une pluviométrie de 281 mm en août. Ce chiffre tire à lui seul la moyenne régionale de la Kara à 144 cas/100 000 habitants, sans toutefois déclencher de seuil d’urgence sanitaire.

Le Bulletin Climat-Santé souligne que la relation entre pluie et diarrhées reste non linéaire : des taux d’attaque fluctuants ont été observés aussi bien en période de sécheresse qu’en période de fortes pluies, suggérant l’intervention déterminante de facteurs anthropiques qualité de l’eau, hygiène, assainissement de base.
Recommandations pour la région de la Kara
Face à cette situation, le Bulletin Climat-Santé formule plusieurs recommandations clés : lutte antivectorielle qui consiste à intensifier l’utilisation des moustiquaires imprégnées, l’élimination des gîtes larvaires et le curage des caniveaux dans la Binah, Bassar et le Kéran.
Eau et assainissement : renforcer la surveillance de la potabilité de l’eau dans Assoli et prépositionner des kits de chloration (Aquatabs) et de réhydratation orale (SRO).
Prévention respiratoire : maintenir une veille épidémiologique et promouvoir les gestes barrières et l’aération des logements.
Les pluies modérées qui s’achèvent en ce mois de septembre dans la zone monomodale (dont fait partie la Kara) confirment les prévisions climatiques. Elles constituent un facteur susceptible de maintenir voire d’accentuer la transmission du paludisme, des infections respiratoires et des syndromes grippaux dans les semaines à venir.
Plaki SIMLIWA










