![[Interview] 14 février / Frère Marc-Auguste KAMBIRE : « Ce jour-là doit être un moment pour toi de parler avec ton conjoint et...» [Interview] 14 février / Frère Marc-Auguste KAMBIRE : « Ce jour-là doit être un moment pour toi de parler avec ton conjoint et...»](https://i0.wp.com/togopost.tg/wp-content/uploads/2026/02/vall-e1771058291262.jpg?resize=696%2C540&ssl=1)
Le 14 février, dans le monde entier, la journée marque la célébration de la Saint-Valentin. Une fête définie comme un moment de consolidation de l’amour entre couples, mais qui finit souvent par être galvaudée. Dans une interview accordée à Togopost.tg, le frère Marc-Auguste KAMBIRE, Salésien de Don Bosco, enseignant en communication à l’Institut Supérieur Don Bosco, évoque la Saint-Valentin, son origine, les dérives observées de nos jours dans sa célébration et surtout ceux qui sont habilités à la célébrer. « La Saint-Valentin n’est pas à l’origine une invention commerciale, mais une fête enracinée dans l’histoire du christianisme », dit-il. Lecture.
Togopost : Quelle est l’origine réelle de la Saint-Valentin et quel est son sens dans la tradition chrétienne ?
Frère Marc-Auguste KAMBIRE : Ça fait rire parce que la Saint-Valentin est devenue une fête, on pourrait dire un peu vulgaire, et qui a conquis quasiment le monde entier. D’abord, l’entendement du terme Saint-Valentin donne une connotation religieuse, principalement catholique. Donc c’est un saint catholique, une personne déclarée sainte dans le nom de l’Église catholique. Et lorsqu’on fouille un peu les archives de l’Église, on se rend compte qu’il y a eu deux « Valentin », et non un seul, et les deux ont vécu au IIIᵉ et au IVᵉ siècle.
Le premier Valentin, prêtre à Rome vers l’an 270, était reconnu pour ses dons de prédication et de guérison. Refusant d’abandonner sa foi chrétienne pour revenir à la religion païenne romaine, il fut persécuté par les autorités. Un préfet romain, nommé Claude, tenta de le faire changer d’avis en le confiant à un collaborateur. Ironie de l’histoire : ce collaborateur, dont l’enfant malade fut guéri par l’intercession du prêtre, se convertit au christianisme avec toute sa famille. Face à cette situation, le préfet fit décapiter Valentin en 270.
Autour de ce premier personnage sont nées plusieurs légendes, notamment celle selon laquelle il mariait des couples en cachette à une époque où l’Empire romain interdisait le mariage pour favoriser l’engagement militaire. C’est de là que viendrait son titre supposé de « protecteur des amoureux », une attribution davantage légendaire qu’historique.
Le second Valentin, dont l’existence est considérée comme historiquement certaine, était évêque de la ville de Terni, près de Rome, au IVᵉ siècle. Aujourd’hui encore, il est le saint patron de cette Église locale. Connu pour ses dons de guérison, il attirait de nombreux fidèles.
L’histoire raconte également le cas d’un professeur grec de philosophie, vivant à Rome, dont l’enfant malade fut guéri après l’intercession de l’évêque. En contrepartie, le professeur accepta de se convertir au christianisme, entraînant avec lui ses disciples et même un membre de la famille du préfet romain, nommé Placide. Cette série de conversions provoqua la colère des autorités, qui firent exécuter l’évêque en secret vers l’an 347.
Pourquoi la Saint-Valentin est-elle célébrée le 14 février ?
Il se trouve que chaque 15 février, dans la Rome antique, il y avait la fête de certains dieux, par exemple le dieu Faunus. Les dieux y étaient célébrés autour de la fertilité et de la question de l’amour.
Donc la fertilité, en termes surtout pour les femmes. C’était une fête païenne. Et cette fête-là, à un moment, on tuait des animaux, principalement le chien et la chèvre, et on choisissait par exemple deux jeunes qui se revêtaient de la peau de ces animaux et qui couraient dans la ville en frappant les gens avec ces peaux.
Les femmes se plaçaient là et voulaient se faire toucher, parce que le fait de se faire toucher permettait, selon les croyances, d’avoir cette fertilité-là. Donc cette fête païenne, vu qu’elle n’était pas très saine, a été supprimée en 494 par le pape d’alors, qui s’appelait Gélase.
Gélase, entre parenthèses, est le troisième pape africain, Gélase Ier. Quand il l’a supprimée, l’Église, qui devenait de plus en plus forte, a commencé à ce qu’on appelle la christianisation des fêtes dites païennes, parmi lesquelles la fête de Noël.
Noël était aussi une fête païenne où l’on célébrait le dieu Soleil. Les chrétiens ont décidé de dire non : notre lumière, c’est le Christ. Donc on met Noël là, c’est la Nativité. Il en va de même pour cette fête de la fertilité. En 494, quand elle a été supprimée, on a décidé de la christianiser et, au lieu de la célébrer le 15 février, on l’a ramenée au 14 février.
Or, le 14 février, c’était la fête de Saint-Valentin. On l’a donc placée sous la coupole de l’amour. Ensuite, plusieurs légendes sont apparues autour de ce saint, disant qu’il aimait offrir des roses à des couples et qu’un jour, devant le parvis, il avait rencontré un couple de fiancés et un autre couple qui se disputait.
Il leur a remis des roses et leur a demandé de ne plus se disputer, de s’aimer. La paix est revenue et, plus tard, ils se sont mariés devant l’évêque. Beaucoup de couples ont commencé à venir vers lui, et il aurait instauré cela chaque 14 du mois, jusqu’à sa mort, le 14 février. Mais cela relève de la légende.
La seconde légende raconte qu’un jeune Romain était amoureux d’une jeune fille issue d’une famille chrétienne. Les parents ne voulaient pas du mariage et ont exigé la conversion du jeune homme. Il s’est converti, ils se sont mariés, mais la jeune femme est tombée malade de la tuberculose, en phase terminale.
Le jeune homme, très amoureux, a demandé à l’évêque de prier pour qu’ils restent unis jusqu’à la mort. L’évêque a prié, et les deux sont morts unis. Voilà deux légendes parmi tant d’autres.
Ce qu’on retient principalement, c’est un évêque doté d’un don de guérison. Et le fait que la fête ait été transposée du 15 au 14 février l’a associée à ce saint. Plus tard, au XIVᵉ siècle, c’est surtout en Angleterre que la fête a pris de l’ampleur.
Des poètes ont propagé la dévotion à Saint-Valentin. Le 14 février correspond aussi, en Europe, à l’entrée progressive dans le printemps. On sort de l’hiver, la chaleur revient, les fleurs renaissent. Symboliquement, l’amour est célébré. C’est ainsi que la Saint-Valentin que nous connaissons aujourd’hui a pris racine dans le monde anglo-saxon.
Comment l’Église regarde-t-elle la manière dont les jeunes fêtent aujourd’hui la Saint-Valentin ?
Contrairement à certaines idées reçues, l’Église ne s’oppose pas à la célébration de l’amour. Elle la considère même comme belle et nécessaire. Toutefois, elle met en garde contre les dérives : fornication, infidélité, sexualisation excessive et confusion entre amour véritable et plaisir passager.
Pour l’Église, la Saint-Valentin doit être un moment pour raviver la flamme de l’amour au sein du couple, dialoguer, se réengager et rendre grâce. Le problème se pose lorsque cela bascule dans la dérive. En tombant dans la fornication, cette fête devient un dévoiement.
L’Église dit non. Ce n’est pas cet amour-là que nous voulons célébrer. Aujourd’hui, c’est parfois pendant la Saint-Valentin que des hommes trompent leurs femmes. Ce n’est pas ça la Saint-Valentin. Si l’on veut retrouver le sens originel, c’est la célébration de l’amour au sein du couple.
Qui doit célébrer la Saint Valentin ?
Ceux qui sont en couple ou ceux qui ont un conjoint ou une conjointe, parce que la Saint Valentin, à la base c’est la protection et la consolidation de l’amour entre les couples. Tu as une fiancée ou un fiancé, ce jour-là doit être un moment pour toi de parler avec ton conjoint et d’essayer de raviver cette flamme. Si on veut prendre le sens de cette Saint-Valentin, même si c’est basé sur la question des légendes, c’est une sorte de protection des couples. Donc ce sont les couples qui la célèbrent. La Saint Valentin n’est pas pour les célibataires. Tu n’as pas de conjoint, tu ne peux pas la célébrer.
Comment l’Église accompagne-t-elle concrètement cette fête ?
De nombreuses paroisses organisent aujourd’hui des messes pour les couples autour du 14 février, suivies de moments de convivialité réservés aux conjoints. Des jubilés de mariage sont célébrés, mettant à l’honneur la fidélité, la durée et la gratitude. Cette pastorale vise à redonner à la Saint-Valentin sa dimension spirituelle et communautaire.
La Saint-Valentin est-elle devenue trop commerciale par rapport à son message d’origine ?
Comme la fête de Noël qui est devenue une fête qui alimente le commerce, la Saint-Valentin est aussi rentrée dans ce cadre. Aujourd’hui, le commerce a pris le dessus. Et à la fin, on commence à faire toute une promotion publicitaire autour en mettant de côté ce qui devait être l’essence de la Saint Valentin. Ce qui devait être l’essence du mois. C’est-à-dire la célébration de l’amour réel. En tant que couple.
Quel message final adressez-vous aux jeunes et aux couples ?
La Saint-Valentin doit être un temps de réflexion, de dialogue et de croissance dans l’amour authentique. Pour l’Église, l’amour véritable est un chemin d’engagement, de fidélité et de don de soi.
Que le sexe ne prenne pas le dessus. Que cette fête ne soit pas une occasion de dépravation, mais un moment pour se dire : nous nous sommes connus et nous voulons marcher ensemble vers le mariage. Célébrer la Saint-Valentin, c’est célébrer l’amour, ce qui ne veut pas automatiquement dire sexe.
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