29.1 C
Lomé
vendredi, août 21, 2026

RÉCÉPISSÉ N°097/HAAC/08-2023/pl/P

Google News
Accueil Société Togo : grossesses en milieu scolaire, l’autre défi de l’année scolaire 2026-2027

Togo : grossesses en milieu scolaire, l’autre défi de l’année scolaire 2026-2027

0
167
Togo : grossesses en milieu scolaire, l'autre défi de l'année scolaire 2026-2027
Togo : grossesses en milieu scolaire, l'autre défi de l'année scolaire 2026-2027

Au Togo, les grossesses en milieu scolaire restent une préoccupation majeure à l’approche de la rentrée 2026-2027. Selon les données présentées en mai 2026, 2 284 cas ont été recensés au cours de l’année scolaire 2024-2025. Face à cette situation, les autorités et les acteurs de la protection de l’enfant misent sur la prévention, la sensibilisation et le renforcement des dispositifs de protection.

Le phénomène des grossesses en milieu scolaire continue de compromettre le parcours éducatif de nombreuses adolescentes au Togo. Sur les 2 284 cas enregistrés durant l’année scolaire 2024-2025, 17 concernent des élèves du primaire, 1 319 le premier cycle du secondaire et 948 le second cycle.

Ces chiffres témoignent de la persistance d’un problème qui dépasse le seul cadre scolaire. Une grossesse précoce peut en effet provoquer des absences répétées, interrompre la scolarité et accroître la vulnérabilité sociale et économique des jeunes filles. La présence de cas au niveau primaire constitue, par ailleurs, un sujet de préoccupation particulier pour les acteurs de la protection de l’enfance.

Un dispositif légal pour protéger les apprenantes

Pour lutter contre les violences et abus à caractère sexuel en milieu éducatif, le Togo dispose depuis 2022 d’un cadre juridique spécifique. La loi n°2022-020 relative à la protection des apprenants contre les violences à caractère sexuel s’applique aux établissements primaires, secondaires, techniques et universitaires, ainsi qu’aux centres d’apprentissage et de formation professionnelle.

Le texte prévoit notamment des sanctions à l’encontre de toute personne qui met enceinte une apprenante régulièrement inscrite dans un établissement scolaire ou un centre de formation. Les peines prévues vont d’un à cinq ans d’emprisonnement, assortis d’une amende comprise entre un et cinq millions de francs CFA.

Les sanctions sont aggravées lorsque l’auteur abuse de son autorité ou lorsque la victime est âgée de moins de 16 ans. Certaines exceptions sont néanmoins prévues par la loi, notamment dans des situations impliquant une apprenante majeure et consentante ou liée à l’auteur par le mariage.

La prévention contre les grossesses au cœur de la réponse

La lutte contre les grossesses en milieu scolaire ne repose toutefois pas uniquement sur la répression. Les autorités ont également mis en place des mécanismes visant à prévenir les violences et à mieux protéger les adolescentes.

Le Programme national de lutte contre les grossesses et mariages chez les adolescentes 2023-2027 figure parmi les initiatives engagées. Des cellules communautaires de veille et différents mécanismes de protection contre les violences basées sur le genre participent également à cette stratégie.

Les communautés sont elles aussi appelées à jouer leur rôle. Autorités locales, responsables religieux, chefs traditionnels, organisations de jeunesse, parents et acteurs éducatifs sont mobilisés pour sensibiliser les adolescents et renforcer la vigilance autour des situations à risque.

À l’approche de la rentrée, la vigilance reste de mise

Avec la rentrée scolaire 2026-2027 qui approche, la persistance des grossesses en milieu scolaire rappelle l’urgence d’une action collective. La protection des adolescentes ne peut être assurée par l’école seule. Elle nécessite l’implication des familles, des enseignants, des responsables d’établissements et des communautés.

L’enjeu est désormais de renforcer l’information et l’éducation à la vie et à la santé sexuelle, de faciliter l’accès des adolescents aux services adaptés et d’améliorer les mécanismes de signalement et de prise en charge.

Réduire durablement les grossesses précoces passe ainsi par une approche combinant prévention, protection et responsabilisation. L’objectif reste de permettre à chaque fille de poursuivre sa scolarité dans un environnement sûr et de préserver son droit fondamental à l’éducation.

DOUMONE Kasan

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Captcha verification failed!
Le score de l'utilisateur captcha a échoué. Contactez nous s'il vous plait!

En savoir plus sur Togo Post

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture