À Kamina (localité située à quelques kilomètres de la ville d’Atakpamé, dans la région des Plateaux), les ruines de l’ancienne station de radio des Allemands gardent les traces d’une aventure technologique qui a marqué l’histoire du Togo.
Érigée sous l’administration coloniale allemande au début du XXᵉ siècle, la station de télégraphie sans fil reliait le Togo à l’Allemagne et aux navires allemands naviguant dans l’Atlantique. Aujourd’hui, ses vestiges offrent une vue sur une époque où les communications à longue distance reposaient encore sur des installations monumentales.

Sur le site, on peut voir les tanks dans lesquels les Allemands chauffaient l’eau pour faire tourner le générateur d’énergie et produire l’électricité, le grand réservoir d’eau alimenté par l’eau de la rivière Eké, les poteaux qui soutenaient les antennes, l’infirmerie, entre autres. Malgré le nombre d’années écoulées, ces débris continuent de parler.
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Un site choisi après plusieurs tentatives
L’implantation de la station de Kamina est le fruit de plusieurs années de recherches.
« Après leur arrivée au Togo en 1884, les Allemands explorent progressivement l’intérieur du territoire à la recherche de sites adaptés à leurs besoins administratifs et techniques. Après plusieurs étapes, notamment à Aného, Lomé, Kpalimé, Misahoé et Atakpamé, les recherches ont orienté les Allemands vers les hauteurs de la région. Une première installation envisagée près d’Agotonhui ne résiste pas aux violents orages qui endommagent les antennes. Les ingénieurs reprennent alors leurs recherches avant de retenir Kamina, dont la configuration géographique apparaît particulièrement favorable », explique Monsieur Agayi Kodzo, guide sur le site de Kamina.
La construction de la station débute en 1911 sous la direction de la firme allemande Telefunken. Le complexe s’étend sur plusieurs kilomètres carrés et mobilise une importante main-d’œuvre. Des bâtiments, des installations techniques et de gigantesques pylônes sont érigés pour accueillir les équipements de transmission.

À son entrée en service, la station dispose d’une puissance d’émission de 100 kilowatts. En avril 1914, elle parvient à établir une liaison avec Nauen, près de Berlin, située à plus de 5 000 kilomètres. Elle peut également communiquer avec Windhoek, en Afrique australe, ainsi qu’avec des navires allemands présents dans l’Atlantique.
Comment la guerre a mis fin à l’ambition allemande
L’aventure de Kamina est cependant brutalement interrompue par le déclenchement de la Première Guerre mondiale en août 1914. Le Togo devient rapidement un théâtre d’affrontements entre les forces allemandes et les troupes franco-britanniques.
Alors que les forces alliées progressent vers l’intérieur du territoire, les autorités allemandes comprennent que la station risque de tomber aux mains de l’ennemi. Elles prennent alors la décision de détruire elles-mêmes les installations.

« Dans la nuit du 24 au 25 août 1914, les équipements de transmission, les antennes et plusieurs bâtiments sont dynamités. Les explosions détruisent une grande partie du complexe. Les immenses pylônes qui dominaient autrefois le paysage sont également renversés », raconte Monsieur Agayi.
Plus d’un siècle plus tard, quatre de ces structures sont encore visibles sur le site, témoins silencieux de l’ampleur de l’ancienne station.
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Des ruines qui racontent encore l’histoire
La visite de Kamina permet aujourd’hui de mesurer l’importance du projet réalisé à l’époque. Les vestiges de la centrale électrique, des citernes, des installations d’ancrage et de plusieurs bâtiments subsistent encore.
Certains édifices étaient destinés aux équipements de communication, tandis que d’autres abritaient les services administratifs, la trésorerie, le secrétariat ou encore le logement du responsable de la station. Les guides locaux contribuent à faire revivre ces différentes fonctions et à donner un sens aux ruines encore visibles.

Reconnu comme un site d’intérêt historique national, Kamina constitue ainsi un patrimoine important de la région des Plateaux. Sa mise en valeur représente un enjeu à la fois historique, culturel et touristique.
Ruines de Kamina, une mémoire à préserver
Kamina dépasse aujourd’hui le simple cadre d’un ancien site colonial. Ses ruines témoignent d’une période où les technologies de communication connaissaient de profondes transformations et où le territoire togolais était déjà intégré à des réseaux internationaux.
À travers ses murs éventrés et les vestiges de ses anciennes installations, Kamina conserve la mémoire d’une infrastructure ambitieuse, détruite au moment où la Première Guerre mondiale bouleversait l’ordre mondial.
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Pour la région des Plateaux, ce patrimoine constitue également une opportunité de faire connaître une partie méconnue de son histoire et de renforcer l’attractivité touristique d’Atakpamé et de ses environs.
Il faut rappeler qu’un musée est en cours de construction sur le site afin de conserver et de préserver l’histoire autour de ce site historique, qui devient touristique pour la région des Plateaux.
Stan AZIATO










