À Atakpamé, ville située à environ 162 km de Lomé, s’il y a un endroit très animé, c’est bien le lieu dénommé « Agbonou ». Situé sur la N°1, cet endroit est typique, compte tenu des opportunités d’affaires qu’il offre, mais il est aussi un endroit hautement dangereux.
Ce n’est en vérité plus un endroit à présenter, surtout pour ceux qui quittent Lomé pour Notsé et au-delà, et qui empruntent la Nationale N°1. C’est en fait un lieu dont le carrefour constitue en quelque sorte un petit centre commercial où la plupart des véhicules, privés comme transports en commun, font souvent une escale, histoire de permettre aux passagers d’observer une pause pour manger, soit pour se désaltérer ou s’acheter quelques produits consommables avant de poursuivre leur voyage.
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Un coin de business
Au carrefour Agbonou et sur le prolongement de voies menant à Kara, on se croirait à un marché. On y trouve un peu de tout : pain, poissons frits, fruits, boissons, bars et restos, entre autres.
Il est principalement animé par les femmes qui y mènent au quotidien de petites activités. Elles sont nombreuses, mais à la fin de la journée, chacune trouve son compte.
« Tous les jours, on est ici. Moi, je vends du pain et de l’alimentation générale. C’est un peu comme un marché pour nous. Chaque jour, c’est ici que nous gagnons notre quotidien. C’est vrai que nous sommes nombreuses et beaucoup de personnes vendent les mêmes choses, mais si tu n’es pas paresseuse, tu vas trouver aussi pour toi », a confié dame Zakia, vendeuse et détentrice de boutique au Togo.
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Bonne affaire aussi pour la mairie
Si les bonnes femmes arrivent à faire leur affaire, la mairie aussi y trouve son compte en percevant des taxes.
« Nous payons tous les jours la taxe de 100 F CFA à la mairie », a confié une vendeuse de pommes à Togopost.
Agbonou, le carrefour où l’on gagne sa vie, au péril de sa vie
La plupart des clients de ces commerçantes ne sont pas les habitants de la ville, mais plutôt les passagers qui y font escale. Et justement, pour tirer leur épingle du jeu sur ce petit marché saturé, les commerçantes d’Agbonou sont obligées de circuler sur le trottoir et même sur la chaussée, avec leurs marchandises en bassines, abordant les passagers des véhicules qui débarquent.
Sur une route déjà étroite, mais pratiquée par des centaines de bus et de camions par jour, elles sont exposées au quotidien au risque d’être fauchées par un véhicule. Ce n’est en tout cas pas un fait improbable. C’est en fait une réalité qu’elles côtoient tous les jours.
« Ici, c’est un endroit à problème. Nous risquons nos vies tous les jours parce que plusieurs fois, des véhicules ont blessé et tué des gens ici. Si tu viens ici et que tu rentres saine et sauve le soir, il faut remercier Dieu, parce que nous-mêmes, on sait qu’on côtoie le danger tous les jours », a reconnu dame Zakia.
Le danger est permanent, et le paradoxe est qu’elles en sont conscientes. Selon dame Zakia, les autorités ont plusieurs fois rappelé les commerçantes à l’ordre, mais c’est visiblement sans succès.
« Nous faisons régulièrement des réunions, nous les commerçantes d’ici, avec les autorités de la localité. Elles nous interdisent de circuler sur la chaussée et même sur le trottoir, mais c’est difficile. Nous ne respectons pas les interdits, tout ça parce que chacune cherche à vendre et à faire plus de gains », affirme-t-elle.
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Face à cette situation, il y a lieu d’agir avec fermeté. Certes, les commerçantes d’Agbonou aident énormément les passagers et subviennent aussi aux besoins de leurs familles, mais doit-on attendre un grand désastre pour agir ? Combien de blessés ou de morts faut-il pour être plus ferme ? D’où la nécessité pour les autorités d’éviter une hécatombe pendant qu’il est encore possible.
Stan AZIATO

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