Togo et Burkina Faso unissent leurs efforts pour protéger les enfants du paludisme à la frontière. Ils ont lancé une campagne conjointe de lutte contre la maladie dans les zones frontalières. C’était le lundi 20 juillet 2026 à Cinkansé.
Le lancement a été faite par les ministres de la Santé des deux pays. La campagne cible en effet les enfants âgés de 3 à 59 mois, particulièrement vulnérables à cette maladie. Prévue du 23 au 26 juillet 2026, l’opération couvre les localités situées de part et d’autre de la frontière.
L’objectif est de coordonner les actions de prévention dans une région où les déplacements fréquents des populations compliquent l’efficacité des stratégies nationales lorsqu’elles sont menées séparément.
Une réponse commune face à un défi transfrontalier
À travers cette campagne, Lomé et Ouagadougou souhaitent renforcer la protection des jeunes enfants contre le paludisme tout en améliorant l’efficacité des interventions sanitaires. Cette approche commune vise également à limiter les risques liés à la résistance des moustiques aux insecticides et des parasites aux traitements antipaludiques.
La campagne repose sur la chimio-prévention du paludisme saisonnier (CPS), une méthode recommandée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Elle consiste à administrer, durant la période de forte transmission, une association de sulfadoxine-pyriméthamine et d’amodiaquine (SPAQ) aux enfants de moins de cinq ans afin de prévenir les formes graves de la maladie.
Selon l’OMS, cette stratégie permet de réduire jusqu’à 75 % des cas graves et des décès liés au paludisme chez les jeunes enfants dans les zones à forte endémie.

Le Togo poursuit sa stratégie de lutte contre le paludisme
Lors de la cérémonie de lancement, les autorités sanitaires ont rappelé que le paludisme demeure l’un des principaux défis de santé publique en Afrique de l’Ouest. Le ministre togolais de la Santé, Jean-Marie Tessi, a souligné que la maladie dépasse les frontières administratives, appelant à une coopération renforcée entre les États voisins.
Cette campagne s’inscrit dans la politique nationale de lutte contre le paludisme menée par le Togo. Le pays déploie déjà la chimioprévention saisonnière dans plusieurs districts des Savanes et de la Kara, en complément de la distribution de moustiquaires imprégnées, du traitement préventif destiné aux femmes enceintes et de l’introduction, depuis septembre 2025, du vaccin antipaludique R21 dans le Programme élargi de vaccination.
Malgré ces avancées, le paludisme reste la première cause de consultation dans les structures sanitaires togolaises, représentant près de 40 % des consultations externes et environ 25 % des hospitalisations, ce qui justifie le renforcement des actions de prévention et de coopération régionale.
Stan AZIATO










