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Lutte contre la corruption : le Togo mise sur l’éducation pour former une génération intègre

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Lutte contre la corruption : le Togo mise sur l’éducation pour former une génération intègre
Lutte contre la corruption : le Togo mise sur l’éducation pour former une génération intègre

Faire de l’école un véritable espace d’apprentissage de l’intégrité et de prévention de la corruption. C’est l’ambition affichée à l’ouverture, ce mardi 25 août à Lomé, de l’atelier national de validation des outils pédagogiques sur l’éducation à la lutte contre la corruption et à l’intégrité, destinés aux différents niveaux du système éducatif togolais. Une initiative de la HAPLUCIA.

Présidée par les acteurs concernés par l’éducation et la lutte contre la corruption, cette rencontre vise à examiner et valider des outils destinés à l’enseignement préscolaire, primaire, secondaire général et technique, ainsi qu’à l’alphabétisation.

Faire de l’école le premier laboratoire de l’intégrité

Dans son discours d’ouverture, le président de la HAPLUCIA, Kimelabalou ABA, a placé l’éducation au cœur de la stratégie de prévention de la corruption. « L’éthique est la cause de valeur qui guide nos choix et nos actions. L’école doit en être le premier laboratoire. »

Pour lui, la lutte contre la corruption ne peut pas reposer uniquement sur les investigations, les sanctions et les mécanismes de contrôle. Elle doit également agir en amont, en contribuant à former les consciences et inculquer dès le plus jeune âge le sens du bien commun et de la responsabilité.

Le président de la HAPLUCIA estime que la corruption constitue aussi une crise de valeurs et de comportements. Lorsqu’un élève apprend que la réussite peut s’obtenir par la fraude ou qu’un jeune considère que la faveur personnelle est préférable au mérite, « c’est toute la culture de l’intégrité qui se trouve progressivement gangrenée », a-t-il souligné.

L’objectif est donc de transmettre aux apprenants une nouvelle perception de l’honnêteté, du respect des règles et de l’intérêt général. « L’école n’est pas seulement le lieu où l’on apprend à lire et à compter. L’école est le lieu où l’on apprend à devenir citoyen », a déclaré Kimelabalou ABA.

Cette orientation résulte d’une volonté de faire de la prévention un axe durable de la lutte contre la corruption. Selon Sena Koffi AGBOZOH, Inspecteur général de l’Éducation, la démarche vise précisément à intégrer les notions liées à la corruption et à l’intégrité dans les curricula.

« La stratégie pouvait s’inclure dans les curricula, c’est-à-dire dans le programme d’enseignement, les concepts liés à la corruption », a expliqué l’Inspecteur général.

Lutte contre la corruption : le Togo mise sur l’éducation pour former une génération intègre
Lutte contre la corruption : le Togo mise sur l’éducation pour former une génération intègre

Des outils pédagogiques adaptés aux réalités du système éducatif

L’atelier doit permettre d’examiner plusieurs projets de manuels adaptés aux différents niveaux d’enseignement. Le dispositif prévoit notamment un manuel pour le préscolaire, trois pour le primaire, huit pour le premier cycle du secondaire général, neuf pour le second cycle, un pour le cycle court de l’enseignement technique, six pour le cycle long et six pour l’éducation informelle et l’alphabétisation.

Ces outils doivent permettre aux apprenants de comprendre la corruption, d’en reconnaître les manifestations et surtout d’adopter des comportements responsables face aux situations à risque. Pour le président de la HAPLUCIA, leur qualité sera déterminante. Les supports doivent être « scientifiquement fiables, juridiquement pertinents, pédagogiquement adaptés et culturellement accessibles ».

L’objectif n’est donc pas simplement d’ajouter une nouvelle matière aux programmes scolaires. Les notions liées à l’intégrité sont intégrées aux disciplines existantes, afin de ne pas alourdir la charge des enseignants.

« Nous avons essayé d’identifier les capacités d’accueil. Ensuite, nous avons fusionné, reformulé les objectifs et repris tous les cours suivant la méthode APC », a expliqué Sena Koffi AGBOZOH.

La démarche a déjà fait l’objet d’un pré-test dans quatre établissements, deux à Lomé et deux à Kara, permettant de recueillir des observations et d’améliorer les premiers outils.
Au total, 68 outils pédagogiques sont soumis à validation au cours de cet atelier. Une fois validés, des formateurs seront formés dans les régions et préfectures afin d’accompagner les enseignants des établissements retenus.

L’objectif est de toucher progressivement entre 800 et 2 000 établissements sur l’ensemble du territoire. Les premiers cours pourraient débuter une à deux semaines après la rentrée, avant une extension progressive du dispositif.

À terme, la HAPLUCIA entend faire de l’éducation à l’intégrité un véritable levier de transformation des comportements.

La validation de ces outils constitue ainsi une première étape. Leur appropriation par les enseignants, leur diffusion et l’évaluation de leur impact devront permettre de transformer progressivement les principes d’intégrité en comportements quotidiens, dès l’école et tout au long de la vie.

Maimouna Hassan

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