Dans la région des Savanes, les conditions climatiques sont particulièrement favorables à la culture de l’oignon, une activité agricole largement pratiquée par les producteurs locaux. Chaque année, au mois de mars, la production atteint son pic, entraînant une forte présence de ce produit sur les marchés de la ville de Dapaong.
Au marché de Dapaonkpergou, l’oignon occupe ainsi une place de choix sur les étals. Entre producteurs, grossistes et détaillantes, l’activité commerciale y est intense. Toutefois, derrière cette abondance apparente, les commerçantes doivent composer avec plusieurs contraintes liées à l’approvisionnement, au transport et à la commercialisation.

Selon les informations recueillies sur le marché à la date du 14 mars 2026, le sac d’oignon blanc se négocie à 37 500 francs CFA, tandis que le sac d’oignon rouge est vendu à 32 500 francs CFA.
Pour s’approvisionner, les vendeuses se rendent dans différentes localités environnantes. Mais le transport des sacs jusqu’au marché représente déjà un premier défi, auquel s’ajoutent les taxes municipales et diverses charges.
« Nous payons 500 francs CFA de taxe par sac d’oignons. Avec toutes les dépenses et les difficultés jusqu’à la vente, il devient difficile de réaliser un bénéfice », confie Naldjoume, une commerçante du marché. Elle appelle les autorités à alléger certaines taxes afin de permettre aux vendeuses de mieux tirer profit de leur activité et de subvenir aux besoins de leurs familles.
Au-delà des questions financières, certaines détaillantes pointent également des problèmes liés à l’aménagement du marché. Pendant la saison pluvieuse, les eaux de ruissellement stagnent sur le site, compliquant les conditions de travail.
« En saison des pluies, l’eau envahit le marché et il devient difficile pour nous de rester sur place pour vendre nos produits », explique une détaillante.

Le manque de magasins de stockage constitue aussi un défi majeur. Faute d’espaces adaptés, conserver les oignons pour les vendre le lendemain devient souvent compliqué.
Autour de cette activité gravitent également de jeunes manutentionnaires qui participent au transport des sacs. Spécialisés dans la couture des sacs destinés au transport des oignons, ces jeunes parviennent parfois à gagner entre 6 000 et 7 000 francs CFA par jour lorsque les activités sont florissantes.
Un meilleur aménagement du marché de Dapaonkpergou pourrait ainsi contribuer à améliorer les conditions de travail de ces commerçantes et à renforcer la dynamique commerciale autour de l’oignon dans la région des Savanes.
DOUMONE Kasan










