Un présumé trafiquant de deux défenses d’éléphant a été interpellé le samedi 16 mai 2026, dans un quartier périphérique de Lomé, la capitale. Pris en flagrant délit de détention, de circulation et de commercialisation illégale d’ivoire, B. Moyabid a été déféré à la prison civile de Lomé, le 20 mai 2026. L’arrestation a été possible grâce au fruit de la collaboration entre les agents de l’Office Central de Répression du Trafic de Drogue et du Blanchiment (OCRTIDB), et du Ministère de l’Environnement, des Ressources Forestières, de la Protection Côtière et du Changement Climatique (MERFPCCC) en collaboration avec EAGLE-Togo.
Pour échapper à la vigilance des forces de l’ordre, le présumé trafiquant B. Moyabid, a transporté à dos de sa moto les deux défenses d’éléphants bien emballées dans un sac à céréales. Arrêtés, pour flagrant délit de détention, de circulation et de commercialisation illégale de produits fauniques, il a été placé dans la foulée en garde à vue. Après quoi, le présumé trafiquant a reconnu les faits devant le Procureur de la République et a été placé sous mandat de dépôt à la prison civile de Lomé.
S’il est reconnu coupable, il encoure une peine d’emprisonnement allant d’un à cinq ans et d’une amende d’un (01) million à cinquante (50) millions de Francs CFA, selon l’article 761 du code pénal datant du 24 novembre 2015.
Le trafiquant arrêté serait un intermédiaire bien dangereux dans la chaîne du trafic. Il est dans plusieurs affaires illicites dont celui de l’ivoire et serait connecté à un réseau de trafiquants d’ivoire très prudents qui alimente Lomé à partir de la frontière nord du Togo.
Le coordinateur national du Projet EAGLE-Togo a exprimé son Indignation totale face au trafic d’ivoire qui continue de gangréner le Togo. « C’est un éléphant massacré par des réseaux criminels, pour chaque défense vendue. Il est inacceptable que notre pays serve de plaque tournante », a souligné Darius P. T., le Coordinateur d’EAGLE-Togo.
« C’est avec une colère profonde et une tristesse que je constate la persistance du trafic d’ivoire au Togo et aussi dans la sous-région sous un mode opératoire bien renforcé, soit une prudence très accrue des trafiquants. L’ivoire n’est pas un trophée, c’est le symbole de la décimation d’une espèce majestueuse. Continuons d’exiger une vigilance renforcée, des sanctions exemplaires et une prise de conscience collective car, l’avenir des éléphants d’Afrique dépend de notre ferme engagement de ne pas fermer les yeux », a-t-il rajouté.
La lutte contre le braconnage des éléphants fait généralement partie des compétences des autorités qui ont d’une part, ratifié des textes nationaux et internationaux sur la protection des espèces protégées, et ont ensuite, mis en place des services en charge de la protection de la faune et de la flore sauvages, afin de lutter efficacement contre le commerce international d’ivoire.
Le Togo a aussi adopté un code forestier, sans oublier les efforts de saisies d’ivoire en provenance des autres pays. Et, le nouveau code pénal dans son volet environnement renforce la protection de la faune et la flore. Mais le problème, c’est que le Togo constitue une plaque tournante de transit pour le transfert illicite des ivoires.
Du coup, le pays a perdu plus de 80% de ses éléphants, et ceci, à cause du braconnage. Les inventaires fauniques menés par le WWF et ses partenaires dans certains pays africains dont le Togo, ont révélé que les populations d’éléphants avaient diminué de plus de 70% en l’espace de dix ans.
A part le braconnage, deux autres facteurs sont considérés comme étant la cause de cette baisse drastique de l’effectif des éléphants : d’une part, l’accroissement du trafic illégal d’animaux lié à la forte demande internationale de l’ivoire et d’autre part, l’exploitation abusive des ressources naturelles nécessaires aux éléphants du fait de l’agriculture industrielle et des occupations anarchiques de leur habitat.
Le commerce illégal d’espèces sauvages est un crime organisé transnational majeur, qui génère des milliards de fonds criminels chaque année. Les trafiquants d’espèces sauvages exploitent les faiblesses des secteurs financiers et non financiers pour déplacer, cacher et blanchir leurs produits, ce qui permet de nouveaux crimes et porte atteinte à l’intégrité financière. Malgré ce fait, dans certains pays, le trafic de faune n’est pas reconnu comme une vraie menace, ce qui permet aux différents réseaux de trafic de prospérer.
Bien que le commerce international de l’ivoire est interdit depuis 1989, la population d’éléphants en Afrique continue de chuter. Chaque année, 20 000 à 30 000 éléphants sont tués pour leurs ivoires, soit 50 à 80 individus par jour. Le Togo compte selon les données récentes, environ 145 éléphants. Un chiffre qui montre une augmentation par rapport aux estimations des années 90. Cette situation unique en Afrique occidentale souligne l’importance de la conservation des éléphants au Togo.










