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Interview exclusive / Innocent KAGBARA : « Participer aux institutions n’est pas synonyme de renoncement »

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Interview exclusive / Innocent KAGBARA : « Participer aux institutions n’est pas synonyme de renoncement »
Interview exclusive / Innocent KAGBARA : « Participer aux institutions n’est pas synonyme de renoncement »

Entre participation institutionnelle, rôle de l’opposition, mobilisation de la diaspora et enjeux budgétaires, le Parti Démocratique Panafricain (PDP) clarifie sa ligne politique. Dans cette interview exclusive accordée à Togopost, son responsable Innocent KAGBARA défend une posture de dialogue, de responsabilité et de proposition, tout en livrant son analyse sur le climat politique togolais, le rôle du Sénat et les priorités du budget 2026, avec un message d’espoir adressé à la jeunesse et à la diaspora. Sur la question de la viabilité de l’opposition, le leader du PDP exhorte à éviter des jugements. « Il faut éviter les jugements hâtifs et préserver les fondements de la démocratie représentative », dit-il. Lecture.

Le PDP semble aujourd’hui moins visible sur la scène politique nationale. Peut-on gouverner, participer aux institutions et rester un acteur politique critique sans être accusé de compromission ?

Le Parti Démocratique Panafricain (PDP) assume pleinement une posture de responsabilité et de modération. Nous refusons la radicalité stérile, qu’elle soit de confrontation systématique ou de repli idéologique. Nous croyons que le centrisme politique, fondé sur le dialogue, la proposition et l’action concrète, finira par s’imposer.

Participer aux institutions n’est pas synonyme de renoncement ; c’est au contraire un moyen d’influencer positivement les politiques publiques. Les accusations de compromission ne nous préoccupent guère, car notre engagement reste guidé par l’intérêt général et la recherche de solutions durables pour les Togolais.

Les mobilisations de la diaspora en 2025 : expression citoyenne, malaise profond ou déconnexion des réalités internes ?

Nous considérons que chaque Togolais, où qu’il se trouve, a le droit d’exprimer ses préoccupations et ses frustrations. Ces mobilisations relèvent avant tout de l’expression démocratique.

La liberté de manifestation, encadrée par la loi BODJONA de 2011, constitue un acquis important. Toutefois, le dialogue doit toujours primer sur l’affrontement. La maturité politique du peuple togolais doit nous conduire à préserver les libertés fondamentales tout en condamnant fermement les excès et les dérives.

Quelles revendications de la diaspora sont légitimes et lesquelles relèvent davantage d’une perception extérieure ?

Toutes les revendications méritent d’être écoutées avec respect. Les Togolais de la diaspora demeurent profondément attachés à leur pays et participent, à leur manière, au débat national.

Les préoccupations liées à la gouvernance, au coût de la vie, à l’emploi ou au développement trouvent souvent un écho réel au sein des populations. Toute proposition politique ou programmatique, quelle que soit son origine, contribue à enrichir la réflexion collective.

Existe-t-il encore une véritable opposition politique au Togo ?

Affirmer qu’il n’existe plus d’opposition au Togo serait excessif. Notre paysage politique est pluraliste, parfois passionné, et traversé par des dynamiques diverses.

L’opposition existe, même si ses formes et ses stratégies évoluent. Il y a des femmes et des hommes engagés, animés par une volonté sincère de servir le pays. Il faut éviter les jugements hâtifs et préserver les fondements de la démocratie représentative.

  1. Quel rôle le PDP peut-il jouer dans ce contexte politique ?

Le PDP demeure avant tout une force de proposition. Nous sommes présents et actifs dans les assemblées locales et nationales.

Notre rôle est aussi celui d’une force d’équilibre, contribuant à prévenir les crises politiques majeures par le dialogue, la concertation et la recherche de compromis constructifs au service de la stabilité nationale.

Le Sénat est parfois perçu comme éloigné des urgences sociales. Que répondez-vous à ces critiques ?

Le Sénat est une institution essentielle dans notre régime parlementaire. Il représente les collectivités territoriales et accompagne le processus de décentralisation.

Grâce au bicamérisme, la qualité du travail législatif s’en trouve renforcée. Le Sénat permet une meilleure prise en compte des réalités locales et contribue à des lois plus équilibrées et mieux adaptées aux attentes des populations.

Quelle est votre analyse globale du budget de l’État, exercice 2026 ?

Le budget 2026 s’inscrit dans une dynamique de consolidation économique et de réponse aux priorités nationales. Il est en hausse et clairement orienté vers le social.

La majeure partie de ce budget est destinée à répondre aux attentes sociales des populations, notamment à travers les secteurs clés que sont la santé, l’éducation, la protection sociale et les investissements publics structurants.

Quels sont les choix budgétaires les plus structurants de ce budget 2026 ?

L’effort budgétaire est visible dans plusieurs secteurs stratégiques. L’éducation, la santé, la protection sociale et les investissements bénéficient de ressources importantes.

Ces choix traduisent la volonté de l’État de répondre à une demande sociale forte, caractéristique d’un pays en voie de développement. La priorité doit désormais être mise sur la bonne gouvernance, la lutte contre la corruption et la maîtrise des dépenses publiques.

Ce budget est-il suffisamment armé pour répondre aux défis actuels ?

Le budget 2026 est conçu pour faire face aux principaux défis : vie chère, chômage des jeunes, vulnérabilité des ménages et pressions économiques régionales.

Les législateurs ont été particulièrement exigeants lors de son adoption, et des ajustements ont été intégrés afin de renforcer son efficacité et son impact.

Comment le Sénat veille-t-il à l’impact réel du budget sur les populations ?

Le Sénat exerce pleinement sa mission de contrôle de l’action publique. Cela passe par des évaluations régulières, des études d’impact, des descentes sur le terrain, l’écoute des populations et des interpellations adressées à l’exécutif.

Ces mécanismes permettent de s’assurer que les mesures budgétaires bénéficient effectivement aux couches les plus vulnérables.

Quel message adressez-vous à la jeunesse togolaise et à la diaspora ?

Je souhaite rappeler à la jeunesse et à la diaspora que nous partageons un patrimoine et une destinée communes. La construction nationale exige la solidarité, le patriotisme, l’audace et la résilience. Le débat public doit rester responsable, inclusif et orienté vers des solutions concrètes pour l’avenir du pays.

En une conviction forte, qu’est-ce qui vous rend confiant pour l’avenir du Togo ?

Je reste profondément confiant quant à l’avenir du Togo. Notre pays dispose d’une ressource humaine de qualité, d’atouts économiques réels et d’une capacité de résilience remarquable.

La convergence des efforts, dans un climat de paix et de responsabilité collective, constitue le socle d’un développement durable et partagé.

 

 

 

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